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Un cherchant |
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| Jacques GOURC | |
Je ne me considère pas comme chrétien
car je ne pense pas que Jésus fut “le Christ”. Par
contre, je le considère comme un maître, un maître
d’une telle puissance que ses enseignements me parlent et
m’accompagnent, deux millénaires après avoir
été dispensés et ceci dans le cadre d’une
culture complètement différente de la notre. Plus qu’un
maître : un maître inspiré. De là à me
proclamer Jésu-iste...
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Après avoir erré dans les traditions
bouddhistes, je ne me considère pas non plus comme tel car ce terme
recouvre des convictions et pratiques fort disparates, qui ne
correspondent pas à ma culture, et avec la plupart desquelles
je suis en désaccord. Mais les enseignements d’origine du
bouddha Gautama et de quelques autres réputés bouddhas, tels
qu’ils ont pu me parvenir, me paraissent tout à fait
cohérents avec les développements actuels de la physique et
de l’écologie. De là à me proclamer
Bouddh-iste...
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Je me considère comme un
“cherchant”. Un “cherchant” qui, chaque fois
qu’il pense avoir enfin trouvé, voit son aboutissement sombrer
dans de nouveaux doutes, de nouvelles interrogations. Et me revoilà
à nouveau à cheminer. Mais ce n’est pas un cheminement
chaotique et vain car il engrange des acquis. Ma vie n’est
radicalement plus vécue comme autrefois : les enseignements de
Jésus, de certains bouddhas (Jésus n’en fut-il point un
?), ne sont plus pour moi philosophies respectables ou merveilleuses, mais
des vécus dans ma vie concrète ordinaire. Oserais-je le dire
? Je crois qu’ils m’ont fait redécouvrir ce qui
était déjà en moi.
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Et puis le “cherchant” que je suis a la
conviction de ne pas être seul. Beaucoup de hasards heureux, des
occasions qui m’ont été offertes et que j’ai
saisies (dont la rencontre avec celle qui est devenue ma compagne de vie et
mon épouse), des prières en solitaire qui ont
été exaucées, ce quelque chose qui parle fort
opportunément en moi... Je crois que Le Maître, Le Divin (ou
tout autre terme pour évoquer l’inexprimable) existe et nous
accompagne dans nos cheminements pour peu que nous osions nous ouvrir
à lui.
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Au secours, nous sommes cernés ! |
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| René FLAMIN | |
Dans les rails, les parpaillots et que pas une
tête ne dépasse !
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Les églises qui ont peur sont des
églises en déclin (voir Monsieur Ratzinger, grand
spécialiste de la frilosité écclésiale).
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En fait, moi, le temple protestant me conviendrait
très bien si chaque dimanche, et dimanche après dimanche, on
pouvait inventer un culte tout neuf, avec des chants nouveaux et
pas des cantiques usés jusqu’à la corde (vocale), avec
des textes inventés par chacun, avec une prédication dite par
un membre de la communauté, avec des paroles et des gestes sans
cesse renouvelés, avec surtout, un grand coup de pied au cul de
l’habitude, fille perverse qui sclérose tout, avec des
pasteurs chefs d’orchestre plus que maîtres d’œuvre,
pas forcément habillés comme des avocats (comme j’en
fréquente pas mal de ces derniers, je leur dis la même chose,
mais en inversant les rôles), avec un crédo qui dise la joie
de la foi et non la foi des autres annonée depuis des
siècles, avec des visages rayonnants qui montrent le bonheur
d’être ensemble, avec peut-être aussi, et tout
simplement, des pasteurs qui sachent souhaiter un bon dimanche à
l’assemblée (j’en ai connu un pour qui
c’était parfaitement impossible, ce qui est très
révélateur au plan psychologique), etc.
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C’est ça, pour moi, l’église
nouvelle, l’église du Christ renouvelée chaque jour,
vivante, joyeuse, forte, courageuse, bien installée dans son temps.
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L’église romaine a dévoré
ses enfants pendant deux mille ans, on voit ce que ça donne
aujourd’hui...
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Que faire ? Le dire partout, à son pasteur, aux
membres du Conseil presbytéral, à Pierre, Paul & Jacques
et leur faire savoir qu’on se sent parfois meilleur chrétien
hors du temple que dedans.
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Pas facile ? Peut-être, mais il faut toujours
commencer par un bout !
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Courage, donc, amis déçus, Christ nous a
montré la voie. |
Demain, je serai dans le massif de
l’Estérel, en randonnée avec un groupe d’amis, il
fera beau temps et il y aura du mistral. C’est ça ma
communion, c’est cela ma prière, ma façon de dire la
joie d’exister dans la beauté du monde, de remercier le
Seigneur les yeux remplis de soleil.
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Le temple enferme, la nature exalte. Chaque fleur
rencontrée est un psaume.
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Je rêve parfois à un culte qui se
déroulerait dans la nature, en marchant, en chantant, en
s’arrêtant ici ou là pour prier spontanément, les
pieds accrochés à la terre. Quelle communion !
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