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Devant le témoin invisible - Théolib 41 |
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| Charles Wagner | |
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Présentation du livre | |||||||||||||
“Outre la beauté et le relief de cette
figure, il y a le message du protestantisme libéral qu’il
porte en lui : un agnosticisme religieux mystique et exigeant, le souci de
mettre l’Homme et non la Révélation ou
l’Église au centre du dessein de Dieu, l’assurance de
l’amour de Dieu qui garantit une fin bonne et un présent
marqué du sceau de la lumière.”
Ces quelques lignes du pasteur Pierre-Jean Ruff
soulignent le rayonnement qu’a conservé Charles Wagner. Pour
tous ceux qui le lisent encore, l’auteur de l’Ami ou encore de cet ouvrage
demeure un guetteur de la foi et une sentinelle sur les chemins de notre
humanité.
Nul ne s’étonnera de constater que ses
œuvres éducatives, qui firent sa
célébrité, ne parlent plus vraiment aux hommes
d’aujourd’hui. Mais l’autre versant de son œuvre,
dont on ne saurait dire si elle est avant tout spirituelle ou
littéraire — les deux ne faisant qu’un chez
lui — est une source inépuisable d’inspiration et
de méditation.
Fondateur du Foyer de l’Âme, pour y
“enseigner l’Humanité”, comme il se plaisait
à le dire, il fut aussi actif, aux côtés notamment de
Ferdinand Buisson, dans l’“Union des libres penseurs et des
libres croyants”.
Rééditer ce livre, peut-être le
plus méditatif de tous ceux de Charles Wagner, était un
rêve. Comme nous fêtons cette année nos dix ans
d’aventure éditoriale, lançant aussi une nouvelle
collection, “Libres pensées protestantes”, nous voulions
témoigner d’un don reçu, d’un cheminement
intérieur qui se poursuit, quand cesse la distinction hâtive
entre la soif de Dieu et la recherche de l’humanité de
l’homme.
Extrait du livre
Tout homme a son compagnon invisible auquel nous
donnons des noms divers. En restant au delà des apparences et des
symboles, cet ami, toujours présent, quoique nos yeux ne le puissent
saisir, n’est autre que l’Inconnu adoré que cachent et
que révèlent à la fois les créations et dont
l’image la plus vraie est pour nous une âme humaine toute
pénétrée de son esprit.
Toute conception est trop étroite, toute parole
trop infirme, tout symbole trop grossier pour l’exprimer. Mais une
divine familiarité circule à travers les êtres et leur
permet de vivre en confiance malgré leur ignorance du fond
prodigieux des choses.
Et quand l’âme est dans la bonne ligne,
elle ne dit plus simplement Tu au mystérieux compagnon de nos jours, car ce Tu formidable pourrait
n’être qu’un angoissant point d’interrogation. Elle
dit Père, et
Père, c’est toute la sagesse et tout l’amour et toute la
vie.
Si l’homme le savait, il ne serait plus jamais ni
seul, ni désespéré, ni fourbe, ni méchant. Il
aurait la vie, non pas sous ses espèces
éphémères, mais dans son éternité. Il
serait cohéritier des puissances divines.
Il nous l’a dit, l’Étranger humble
de cœur qui nous enseigna la vraie vie et la bonne mort, et jamais
plus que sous son regard nos âmes qui s’ignorent ne sentirent
frémir en elles leurs ailes immortelles.
Tout ce qu’on nous dira de la vie ne sera jamais
qu’une mauvaise nouvelle tant que l’homme, sur les traces de ce
Frère aîné, n’aura pas déployé,
pour franchir le mal, la douleur et la mort, les ailes de la Foi.
La Foi n’est pas le pouvoir de croire
l’incroyable : c’est la forte confiance dans le pouvoir
clément qui porte l’univers.
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